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Cha.
 
TOMBOY de Céline sciamma
TOMBOY



Aux antipodes de The Tree of Live, et pourtant traitant également du thème de l'enfance, voilà un film d'1h20 que je vous conseille vivement!

Céline Sciamma, réalisatrice française trentenaire, avait déjà bluffé la Croisette avec son premier long-métrage La Naissance des Pieuvres (à voir!) où elle filmait les tourments intérieurs de jeunes adolescentes en proie à des sentiments inconnus et "hors normes".

Ici, dans Tomboy ("garçon manqué"), la réalisatrice prouve une fois de plus qu'elle sait avec brio raconter et filmer les troubles (d'identité) liés à l'enfance. Sans s'encombrer de paroles ou de plans inutiles, elle filme avec une vraie délicatesse la solitude, le désœuvrement et l'évolution d'une enfant de dix ans.

Laure a 10 ans. Laure est un garçon manqué. Arrivée dans un nouveau quartier, elle fait croire à Lisa et sa bande qu’elle est un garçon. Action ou vérité ? Action. L’été devient un grand terrain de jeu et Laure devient Michael, un garçon comme les autres… suffisamment différent pour attirer l’attention de Lisa qui en tombe amoureuse. Laure profite de sa nouvelle identité comme si la fin de l’été n’allait jamais révéler son troublant secret.


En jouant dès le départ sur la confusion du sexe et de l'identité du personnage principal, on comprend néanmoins vite que Laure s'y retrouve tellement plus en garçon qu'en fille que, pour elle, se faire passer pour Michael relève de la (sur)vie, lui permet de respirer, de s'éclater, de vivre quoi. A la maison, c'est Laure, dehors c'est Michael. Mais ce petit jeu peut-il durer? Avec la rentrée des classe dans deux semaines, l'horizon s'obscurcit, il va falloir trouver des solutions, et vite.

On pense évidement au drame Boys don't Cry où Hilary Swank livrait une interprétation poignante de cette jeune femme qui se fait passer pour un mec et qui rencontre l'amour malgré son pesant secret. (critique disponible ici: http://robbcharlotte.blogs.allocine.fr/robbcharlotte-237141-boys_dont_cry_de_kimberly_peirce.htm).

Je crois que pour définir Tomboy, il faut parler de la façon qu'a Céline Sciamma de filmer les enfants dans leur quotidien, dans leur "jardin secret", et notamment le rapport qu'ils peuvent avoir entre eux: des rapports enfantins et pourtant déjà hiérarchiques, la complicité qui peut se transformer en humiliation, dès qu'on sort du lot... La prestation de l'androgyne Zoé Héran (Laure) est troublante de justesse et d'émotions retenues. Un mot également enthousiaste pour  la petite Malonn Lévana qui joue Jeanne, la petite soeur de Laure. Une petite perle d'espièglerie la soeurette qui, du haut de ses six ans, comprend parfaitement le jeu dans lequel s'enfonce sa grande soeur et qui l'accepte avec un naturel déconcertant. Les scènes du quotidien où les deux frangines désœuvrées s'occupent avec complicité et affection sont touchantes et amusantes. La réalisatrice nous entraine dans le Vrai avec une caméra tantôt mobile, tantôt axée sur des plans fixes et joue sur les lignes, la profondeur du champ, la lumière, le mouvement... Tomboy est un film d'acteurs sur trame sociale qui peut faire penser aux Frères Dardenne (Rosetta, L'Enfant).

Céline Sciamma filme avec justesse toutes les étapes émotionnelles et sociales que peuvent ressentir des individus au sein d'une communauté d'enfants, avec une véritable sensibilité, un regard tendre, en axant sa caméra sur la nature qui submerge son récit. Il y a beaucoup d'humour dans ce film, beaucoup d'émotion. Le regard porté sur l'enfance est troublant, car finalement il nous renvoie vers cette fameuse question: les enfants sont-ils finalement plus cruels que les adultes (parce qu'ils peuvent se cacher derrière leur âge), où s'agit-il seulement de naïveté?"

A noter l'absence, presque totale, de musique. Ici, on va à l'essentiel: les acteurs, la mise en scène, les images, les expressions, l'histoire, les relations entre enfants, entre adultes...

Tomboy, tout comme La Naissance des Pieuvres, est un film à voir.
Cha.

 
THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
THE TREE OF LIFE

EuropaCorp Distribution

Depuis des années, si ce n'est depuis sa création, le festival de Cannes doit faire face à l'interminable débat qui le scinde en deux: le cinéma élitiste versus le cinéma populaire.
L'an dernier, avec la Palme d'Or décernée à l'étrange Oncle Bonmee du réalisateur Thaïlandais Apichatpong Weerasethaku, la Croisette n'avait pas dérogé à la règle. Le film, de type apparemment expérimental, raconte l'histoire d'un vieil homme atteint d'insuffisance rénale aiguë, qui dialogue avec le fantôme de sa femme et de son fils, décédés depuis des années, dans une forêt fascinante et surnaturelle, où les âmes migrent des hommes aux plantes et aux animaux

Rien qu'avec un tel synopsis, on comprendra aisément que ce film ne parlera pas à tous. On le dit très visuel et esthétique, mais je doute que la majorité du public "de base" mondial s'y retrouve, moi la première. Et c'est ainsi que les âmes Cannoises se sont mises à pointer le jury de leur index accusateur: Cannes est à l'origine l'un des plus grand festival de cinéma mondial et les prix décernés ont une véritable crédibilité auprès du public français (et international). Mais à force de palmer des longs-métrages dit "peu accessibles" ou "élitistes", le public ne suivra plus. Et c'est bien vrai.

On comprendra, là encore aisément, la tâche à laquelle ont du s'atteler les membres du jury de l'édition 2011, présidée par le grand Robert de Niro: recrédibiliser Cannes et offrir au monde un palmarès qui plaira à tous: un peu élitiste (mais pas trop), un peu populo (mais pas trop).

Raté!

Le Palmarès, de façon générale, aura plu à l'audience (bravo Jean!) mais la Palme d'Or me laisse personnellement interloquée. On dit que le grand favori était le film Melancholia de Lars von Trier; mais face à la polémique que le réalisateur a créé en se montrant plus provocateur que jamais ("Je respecte Hitler pour l'homme qu'il était" blablabla), il s'est tout bonnement fait virer du festival même si on a décidé de garder son film en compétition. Le jury a quand même fait honneur à Melancholia en décernant le prix d'interprétation à son actrice principale, Kirsten Dunst mais pour la Palme d'Or, ont-ils dû se rabattre sur un Jocker?

J'en reviens donc à mon sujet principal, The Tree of Life de Terrence Malick, dont je suis ressortie l'esprit confus et déçu sans trop savoir quoi penser, si ce n'est à quel point il m'a ennuyé et pourtant parfois (rarement) envoûté. C'est rare, mais j'y suis allée confiante sans avoir vu la Bande d'Annonce, mais seulement lu une critique qui annonçait "un film déroutant, parsemé de flash-back, d'un casting poignant, et de cette famille dans les années 50 dirigée par un père autoritaire." Voici l'histoire, sur Allociné:

Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...

Brad Pitt. EuropaCorp Distribution Sean Penn. EuropaCorp Distribution Jessica Chastain. EuropaCorp Distribution

J'avais malheureusement raté le fait incontournable qu'il s'agit d'un film dit expérimental, qu'il dure 2h30 et qu'il fait s'éparpille vers de nombreuses voies pour raconter.... raconter quoi exactement...

Je ne nierais pas que The Tree of Life est une expérience et je vous incite à le voir à ce titre et pour vous forger votre propre opinion. Parce que si vous êtes adepte du genre et que vous réussissez à rentrer dedans, alors ce sera un film qui vous bouleversera.

Malick semble donc avoir essayé de mettre en parallèle l'évolution d'un famille des années 50 à la création du cosmos. Les flash back incessants nous entrainent effectivement des années 50 à aujourd'hui, puis aux années 60 lorsqu'un évènement tragique se produit, puis à la création de la Terre, puis dans les années 40 à la naissance du premier enfant, puis d'une séquence avec des Dinosaures, puis encore sur le visage de Sean Penn qui se demande ce qu'il a à jouer (il interprète l'ainé de la famille, 40 ans plus tard). Terrence Malick (réalisateur introverti qui nous a livré 5 films en 40 de carrière, notamment le fameux La Ligne Rouge) aurait pu nous réaliser une pure petite merveille s'il ne s'était pas éparpillé dans ses idées (il y a beaucoup "d'idées" dans ce film) et englouti dans une symbolique que j'ai trouvé facile et clichée, ses effets de caméra mobile qui donnent la nausée et le terrible ennui qu'il fait naitre petit à petit malgré des pics d'intérêt par-ci par-là..

La Palme d'Or de cette année est un film visuel, c'est certain. On reconnait bien la patte de Malick avec son amour des éléments, l'omniprésence de la nature, belle, forte, sensible, éternelle. Il sait filmer avec splendeur aussi bien le microscopique que l'espace infini et nous dévoile des images d'une rare beauté. Mais que c'est long... Que c'est lent.... Deux minutes l'oeil fixé sur un brin d'herbe ou sur un volcan en fusion, mis à part la fameuse symbolique qu'on essaie de nous transmettre, c'est chiant! Il y a plein d'intentions dans ce film et je dirais que le fond l'emporte, de loin, sur la forme... A moins que ce soit le contraire? Les deux se complètent aussi bien qu'ils s'annulent, paradoxalement. C'est très étrange comme sentiment, mais le fond comme la forme semblent s'apporter et se nuire à la fois.

Terrence Malick filme avec une réelle sensibilité bienvenue les images, les moments simples et pourtant clés de l'enfance... Mais, malheureusement, on respire de soulagement lorsque, après une demie heure d'images qui s'enchaînent, on assiste enfin à un dialogue entre deux acteurs. Au service de quoi? Qu'est-ce qu'on essaie de nous raconter? Les parties qui ont pu le plus me marquer, sont celles qui concernent cette famille des années 50, leur évolution et leurs confrontations: le malêtre du fils ainé tyrannisé par un Père autoritaire qu'il déteste et la recherche de réponses du dit fiston quarante ans plus tard... Sa mère, pleine de grâce, qui voit son mari faire sans dire un mot. La relation houleuse mais pleine d'affection entre les trois frangins... Oui, ça fait surement réfléchir, mais fallait-il 2h30 pour développer ce récit et les thèmes de deuil, de "patriarchie", de religion, de nature et d'amour qui vont avec?
Je suis surement trop cartésienne, mais j'ai toujours eu du mal à apprécier ou même ressentir l'abstrait. Mulholland Drive fait exception, surement grâce au génie de David Lynch. Car, là, ça m'a parlé. J'ai même été scotchée. Ça ne se commande pas; l'expérimental nous parle ou ne nous parle pas!

Jessica Chastain & Brad Pitt. EuropaCorp Distribution Jessica Chastain. EuropaCorp Distribution Jessica Chastain. EuropaCorp Distribution

C'est terrible à dire, mais je trouve que The Tree of Life est le produit d'une Masturbation Intellectuelle qui n'apporte pas grand chose au spectateur. Il en faut plus que des acteurs poignants et des jolies images pour raconter quelque chose, surtout un quelque chose aussi confus qui semble se perdre dans un abime de réflexions que seul l'artiste trop axé dans la pensée intellectuelle semble comprendre.

Le cinéma ça se partage. Et là, j'ai l'impression d'avoir eu affaire à un film égoïste qui se contente de dire "allez, je vous balance ça à la gueule, démerdez-vous avec". Je ne marche pas, et c'est dommage parce que c'est quand même plein de belles choses poétiques, humaines et visuelles... Malick a su capter des moments de la vie et filme la grâce comme nul autre avec simplicité et complexité; c'est là tout son comble: un plan sur le pied potelé d'un nourrisson, le regard d'un père, la création de la Terre, la terreur qui se dégage des yeux d'une mère, la haine d'un fils, l'amour fraternel, la confiance, la nature, la vie....

A voir, quand même...
Cha.

 
PIRANHA 3D de Alexandre Aja
PIRANHA 3D



Comme son titre l'indique assurément (et sans honte aucune!), Piranha 3D n'est pas le dernier film social engagé de Ken Loach, la fresque poétique d'une Jane Campion ou le dernier film politique d'Oliver Stone. Non, le réalisateur français Alexandre Aja nous met d'entrée en condition avec son affiche qui s'assume à fond et son slogan See, Sex and... Blood. Nous sommes en plein dans la série B, peut-être pas Z comme L'Attaque de la Moussaka Géante, mais attendez vous à voir gicler du sang, mourir les bimbos et adorer ça.

Alors que la ville de Lake Victoria s'apprête à recevoir des milliers d'étudiants pour le week-end de Pâques, un tremblement de terre secoue la ville et ouvre, sous le lac, une faille d'où des milliers de piranhas s'échappent. Inconscients du danger qui les guette, tous les étudiants font la fête sur le lac tandis que Julie, la shérif, découvre un premier corps dévoré... La journée va être d'autant plus longue pour elle que Jake, son fils, a délaissé la garde de ses jeunes frères et sœurs pour servir de guide à bord du bateau des sexy Wild Wild Girls !

Un pitch facile mais j'ose dire qu'on s'en fout! Alexandre Aja est devenu un cinéaste de référence dans le domaine de l'Horreur avec le fameux Haute Tension ou encore le brillant remake du film de Wes Craven, La Colline a des Yeux (article ici: http://robbcharlotte.blogs.allocine.fr/robbcharlotte-120536-la_colline_a_des__yeux_de_alexandre_aja.htm). Ce français expatrié chez nos compatriotes Ricains sait faire et le prouve une fois de plus ici où il n'est nullement question de réaliser un chef d'oeuvre qui décorera les ouvrages de cinéma pour les étudiants des années à venir. Et pourtant, dans le genre, ce film est déjà culte. Le réalisateur se fait plaisir, surenchérit constamment, pousse les limites du supportable, ose (en nous servant notamment, en scène d'ouverture et sur un plateau repas, le vieil acteur Richard Dreyfuss, celui-là même qui jouait le scientifique barbu et binoclard des Dents de la Mer de Steven Spielberg) et balance plein de références (Titanic et surement plein d'autres films que les Maîtres du genre reconnaitront bien mieux que moi!).

Wild Bunch Distribution Jessica Szohr. Wild Bunch Distribution

 "Ce qui est génial, dans Piranha 3D", me disait une amie grande fan de l'Horreur, "c'est que les Bimbos, elles crèèèèèvent...". Eh oui, tout le monde se fait bouffer dans ce bain de sang et franchement, c'est parfois tellement too much qu'on se marre bien malgré une scène de carnage particulièrement gore qui donnera des hauts le coeur aux plus fragiles. Les effets et trucages niveau blessures sont épatants et Aja nous offre un divertissement très gore (j'insiste pour ceux qui, comme moi, ne s'attendaient pas à un tel degré de "dégueu") au service d'un histoire simplette qui trace son cours efficacement, avec rythme, humour et... blood. Alors imaginez en 3D... Du fun, du fun et toujours plus de fun!!!!!

Bimbos sexy en tee-shirts mouillés, jeunes mâles en rûte, érotisme outrageux, 2nd degré assumé, alcool, bikinis, Piranhas préhistoriques qui vous découpent en deux temps trois mouvements et sang à gogo, voilà qui définit bien le nouveau Aja! Il ne subjuguera surement pas, mais au moins fera passer un bon moment en provoquant chez le spectateur averti un plaisir coupable... ou pas.
 
RANGO de Gore Verbinski
RANGO



Alors qu'il mène sa vie sans histoire d'animal de compagnie, Rango, caméléon peu aventurier, est en pleine crise d'identité : à quoi bon avoir des ambitions quand tout ce qu'on vous demande, c'est de vous fondre dans la masse ?

Un jour, Rango échoue par hasard dans la petite ville de Poussière, dans l'Ouest sauvage, où de sournoises créatures venues du désert font régner la terreur. Contre toute attente, notre caméléon, qui ne brille pas par son courage, comprend qu'il peut enfin se rendre utile. Dernier espoir des habitants de Poussière, Rango s'improvise shérif et n'a d'autre choix que d'assumer ses nouvelles fonctions. Affrontant des personnages plus extravagants les uns que les autres, Rango va-t-il devenir le héros qu'il se contentait jusque-là d'imiter ?

Pour les amoureux du Western Spaghetti, des épopées "Fordéennes", ceux qui cherchent à égayer leur journée ou encore les curieux à la recherche d'une expérience inédite dans le domaine de l'animation, je conseille vivement Rango! Gore Verbinski, réalisateur des trois premiers Pirates des Caraïbes, nous offre ici un petit bijou animé, bourré d'invention, d'ambition et de qualités esthétiques. Aussi bien pour les petits que pour les grands (d'ailleurs peut-être même plus pour les grands que pour les petits qui pourraient bien être terrifiés par certains personnages!), ce film d'animation basée sur le drôlissime parcours d'un total anti-héros (voix de Johnny Depp), fera le bonheur des cinéphiles tant les références de genre sont nombreuses et les gags hilarants.

Paramount Pictures France Paramount Pictures France Paramount Pictures France

Et en plus, le scénario est loin d'être crétin, bien au contraire. Les scénaristes ont eu l'intelligence de transposer une histoire résolument moderne, dans un univers de Far West légendaire parmi une société d'animaux en tous genres. Message écolo plus que bienvenu (sécheresse, disparition de l'eau, capitalisme etc.), on regrette peut-être un manque de rythme au milieu du récit, entre de nombreuses scènes au rythme effréné. L'idée de cette transposition "animalesque" fait bien mieux ressortir les messages transmis par le film que si on était resté dans les cercles restreints du réalisme. Comme quoi, il faut parfois savoir faire preuve de fantaisie pour s'approprier un genre et apporter quelque chose de nouveau au public!

Oh, ça ne nous rappellerait pas ce célèbre dessin animé, La Ferme aux Animaux, œuvre étonnante de force, adaptée d'un livre, et dénonçant le totalitarisme par le biais de personnages-animaux?

Rango? A voir, Olé!
Cha.
 
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