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JULIE & JULIA de Nora Ephron
JULIE & JULIA
Sony Pictures Releasing France
 
Bien le bonjour, les cinéphiles!

Je suis un peu déçue, personne ne partage son avis sur Apocalypto et les derniers films que j'ai moi-même commentés... Peut-être que Julie & Julia vous fera plus réagir?

Après une longue attente, je suis allée voir le dernier film de la réalisatrice Nora Ephron, Julie & Julia.

J'aime les films d'art et d'essai, les films à portée sociale, critiques et engagés, mais j'aime également le cinéma qui détend, qui rend de bonne humeur par l'humour et la gaieté qui s'en dégage. C'est le cas de Julie & Julia: une comédie américaine sans vantardise et au casting plus qu'admirable - Meryl Streep (j'ai déjà utilisé tous les adjectifs positifs possibles la concernant) et Amy Adams (que j'ai découvert dans le très chouette Sunshine Cleaning avec Emily Blunt et qu'on avait également pu voir auprès de Leonardo DiCaprio dans Catch me if you Can de Martin Scorsese) Amy Adams donc, qui sait montrer simple, drôle et touchante. Sans oublier de mentionner des seconds rôles admirables, dont Stanley Tucci (qui avait déjà fait équipe avec Meryl Streep dans Le Diable s'habille en Prada).

L'histoire:
Julia Child est la femme qui a changé pour toujours la façon de cuisiner de l'Amérique. Mais en 1948, elle n'est encore qu'une Américaine anonyme vivant en France. Le travail de son mari les a amenés à s'installer à Paris, et Julia cherche activement une occupation. C'est alors qu'elle se prend de passion pour la cuisine française...
Cinquante ans plus tard, Julie Powell a l'impression d'être dans une impasse. Elle va avoir 30 ans, et pendant que ses amies connaissent bonheur et succès, elle végète dans son travail. Julie se lance alors un défi complètement fou : elle se donne exactement un an, 365 jours pour cuisiner les 524 recettes du livre de Julia Child - Mastering the Art of French Cooking, et elle crée un blog pour relater son expérience...

Ce n'est pas un chef d'oeuvre ni un film politique qui boulversera votre existence. Mais si vous souhaitez passer un très bon moment entre amis ou en amoureux, allez le voir! L'esthétique est travaillée, la musique agréable, le scénario est divertissant, drôle et touchant et aux amateurs de cuisine, vous ne résisterez pas au défilé incessant de plats tous aussi alléchants les uns que les autres! Je ne connaissais pas la fameuse cuisinière Julia Child et je suis ravie d'avoir eu l'impression d'être à ses côtés pendant deux petites heures qui ont filé à la vitesse de la lumière! Meryl Streep, qui incarne un personnage haut en couleurs, en fait peut-être parfois un peu trop, mais elle est formidable et donne avec énergie l'essence pleine de vie de cette grande cuisinière américaine. A noter, le fabuleux amour qui a réunit Miss Child et son mari des années durant: il est palpable dans l'air et, comme tout le reste du film, donne espoir.

Bon film, mes chers et chères internautes!

 
APOCALYPTO DE MEL GIBSON

APOCALYPTO

Affiche américaine. Icon Productions


Grande admiratrice de Braveheart, beaucoup plus mitigée sur La Passion du Christ, j'ai enfin pu voir le dernier film de Mel Gibson, Apocalypto (2007).

L'histoire sur Allociné:

Dans les temps turbulents précédant la chute de la légendaire civilisation Maya.
Jeune père porteur de grandes espérances, chef de son petit village, Patte de Jaguar vit une existence idyllique brusquement perturbée par une violente invasion. Capturé et emmené lors d'un périlleux voyage à travers la jungle pour être offert en sacrifice aux Dieux de la Cité Maya, il découvre un monde régi par la peur et l'oppression, dans lequel une fin déchirante l'attend inéluctablement.
Poussé par l'amour qu'il porte à sa femme, à sa famille et à son peuple, il devra affronter ses plus grandes peurs en une tentative désespérée pour retourner chez lui et tenter de sauver ce qui lui tient le plus à coeur.

Ce film m'a complètment chamboulé, je n'arrête pas d'y penser... Parce que la civilisation Maya est incroyable? Le film captivant et haletant? Les acteurs immensément charismatiques? Le scénario, d'une violence rare? L'histoire éprouvante?

Mel Gibson signe une fois de plus un film qui ne peut que marquer les esprits, tant sa beauté, sa violence crue et ses personnages sont marquants. On voyage avec son héros, on coupe sa respiration dans la grande traque dont il est victime, notre coeur fait boom boom lorsque sa tribut se fait décimer et on ouvre grand les yeux face à la splendeur des images de cette grande aventure sauvage.
Le réalisateur a su allier esthétique et intelligence au service d'un scénario qui détrompe l'ennui où l'on ne deccroche pas une seule seconde. Certains critiqueront la violence des images, certes fortement présente, mais elle aussi au service du récit. Et le petit plus qui fait de Gibson un réalisateur perfectionniste: après l'Araméen, c'est en dialecte Maya que les personnages s'expriment!

Quelques critiques de presse (toutes positives pour la plupart):

L'Ecran Fantastique
"Un film unique, irritant par ses parti-pris historiques discutables et son déroulement un peu inégal, mais aussi totalement visionnaire et, au fond, probablement subversif dans le paysage d'un cinéma hollywoodien souvent très policé." (Emmanuel Denis)

Première
"Avec sa caméra numérique ultralégère, il réinvente pour aujourd'hui une forme de cinéma primitif et viscéral. Les résultats sont totalements convaincants." (Gérard Delorme)

Le Figaroscope
"Avec son exotisme somptueux, à la fois précis et intemporel, Apocalypto est une parabole puissante et spectaculaire sur une fin de civilisation. Mais sur fond de décadence et de chaos sanguinaire, on assiste à la naissance d'un héros." (Marie-Noëlle Tranchant)

TéléCinéObs
"Un extraordinaire récit d`aventures, dont la violence éprouvante mais nécessaire atteint plus d`une fois une grandeur à laquelle le cinéma américain ne nous a guère habitués." (Bernard Archur)


Aux amateurs de sensations fortes, bon film!

 
UN MARIAGE SANS ENTERREMENT: PREMIERES PHOTOS
Ca y est, j'ai enfin quelques photos de mon tournage pour ceux que ça intéresserait!



Séquence coup de foudre


Séquence coup de foudre


Séquence coup de foudre


Séquence coup de foudre


Les scénaristes dans le restaurant: répétition


Tournage au restaurant


Les scénaristes dans le restaurant: tournage


Dernier jour de tournage: Cathédrale Saint Alain (Lavaur)


Dernier jour de tournage: Cathédrale Saint Alain


Séquences de courses dans les ruelles du vieux Lavaur


Franck au maquillage avec Fatima


Réflexion sur le découpage des plans


Story Board


Franck Delpech (Martin)


Séquence coup de foudre


Séquence coup de foudre


Séquence coup de foudre


Irina à Saint Pierre des Chartreux (Toulouse)



Saint Pierre des Chartreux (Toulouse)


Franck Delpech à Saint Alain


Franck Delpech à Saint Alain

 
UN MARIAGE SANS ENTERREMENT: LE TOURNAGE

UN MARIAGE SANS ENTERREMENT: LE TOURNAGE

Et bien voilà, après deux semaines consacrées aux huit jours de tournage d'Un Mariage sans Enterrement, c'est avec beaucoup de joie que je vais vous en faire un compte rendu, tant que c'est chaud dans ma mémoire. Je vous préviens, c'est long, courageux seront ceux et celles qui le liront jusqu'au bout!

Mardi 25
Le matin, je répète avec deux comédiens la séquence des scénaristes (dans laquelle je joue également). Puis l'après-midi, Laure, l'éclairagiste du film ramène de Lavaur le camion loué à Super U et vient me prendre à Toulouse avec Robin, le chef op. Nous avons deux tonnes de matériel technique à aller chercher pour le lendemain, premier jour de tournage! Nous commençons par aller chez Simon, un ami de Laure qui gère le matos d'une association "Festividéo" à Tournefeuille et qui nous prête fort généreusement une grue, un clap, une machine à fumée (qui s'avérera essentielle) et quelques broutilles. Tout se passe comme sur des roulettes (c'est tellement rare qu'il faut le mentionner!!) puis nous filons chez Papaye (location éclairages cinéma à Colommiers). Là, c'est des mandarines, des HMI, des mètres et des mètres de cablage, et encore des projos, tous différents, des diffuseurs, des drapeaux etc. Je suis encore assez mauvaise en technique, heureusement que Robin a assuré comme un chef! Ensuite, direction chez Soft Audiovisuel pour y louer un moniteur, et le matos son très basique mais d'excellente qualité: casque, perche VB 270, rycotte, suspension, micro Cardioïde Sennheiser et du cablage, encore du cablage.
Tout allait très bien, trop bien. Mais la première grosse merde nous guettait, tapis dans l'ombre, depuis un moment déjà...
Effectivement, ce n'est que vers 19h ce mardi 25 Août, que nous nous sommes rendu compte que le camion Super U ne fermait pas à clé. Et ça été le début d'une guerre contre Super U et l'assistance Fiat. Imaginez: au moins 50 000€ de matos dans un camion au milieu de Toulouse qui ne ferme pas! Et en plus il est 20h... Je vous épargne les dizaines de conversations téléphoniques que Robin et Laure ont eu depuis ce jour pour avoir un camion en état de marche. Ils nous onttu ne de ces galères!!! On avait les costumes à chercher dans le centre de Toulouse à 19h et on a dû reporter ça au lendemain matin. Résultat: 1h passée à décharger une partie du matos chez Robin et le reste chez moi, dans mon appart à Toulouse, où on allait tourner le lendemain toute la journée. Plus de fatigue, plus de stress et une énorme perte de temps.C'était chaotique, mais en se débrouillant, on a réussi à être plus que prêt pour le Jour J.


Figurantes vendredi 28 à l'église St Pierre des Chartreux

Mercredi 26
Premier jour de tournage! Debout à 7h. Katia (assistante réa), Sylvain (assistant image), Robin (chef op), Emilie (scripte), Fatima (maquilleuse/coiffeuse), Franck (1er rôle), Audrey (décors) et Steph (régie/costumes) sont arrivés. On était en équipe réduite, il manquait Johan (perchman) qui avait un empêchement (c'était une catastrophe, mais Sylvain l'a remplacé à la perche), Soazig (régie), Agathe et Amélie (Décors).
Excellent premier jour de tournage. Pas des tonnes de plans à tourner, juste ce qu'il fallait pour se mettre dans le bain, du coup c'était assez relax, chacun à pu prendre ses marques, commencer à se connaitre, à rigoler. On a tourné les premières séquences du film, du coup ces plans étaient super importants. Et grâce au travail de Robin et de Laure aux éclairages et à la caméra, à notre plus grande suprise, on a eu une qualité d'image que je n'aurais jamais attendu! Franck était excellent et les plans soignés, très travaillés. Dès le premier jour, l'équipe technique a démontré une capacité hors du commun à savoir déconner tout en restant sérieuse et efficace. Excellente ambiance qui nous guidera tout au long du tournage! Les costumes sont arrivés dans la matinée, une malle entière. Tout allait bien, juste ce putain de camion qu'on avait toujours pas pour le lendemain matin.

Jeudi 27
La pression monte pour moi. On tourne dans l'église Saint-Pierre des Chartreux à Toulouse. C'est un grand espace que j'ai choisit un an auparavant pour sa beauté et sa luminosité. Robin, toujours à la hauteur, gère les éclairages avec brio en collaboration avec Laure et, la machine à fumée aidant (elle permet de donner de l'épaisseur à l'image et beaucoup d'esthétique), on a une superbe image. Tout le monde est ravi, et on commence à se dire qu'on va peut-êre faire un bon film! Je suis ravie de mon casting, tous sont brillants et chaque prise est excellente. Le point noir ce jour là, ce sont les fleurs. Il s'agit d'une séquence où le marié arrive trop en retard à son mariage et où tout le monde est parti, l'église est vide. Une fleuriste de Lavaur, qui a accepté de nous sponsoriser (décos florales de deux églises gratuites!) a amené les fleurs à 8h30 et je me rend compte que ce n'est pas assez niveau quantité! Malgré leur beauté, ça fait pauvre, cheap, il faut trouver une solution. 130€ plus tard avec force d'arguments, les décoratrices ramènent d'un fleuriste toulousain des seaux de roses, des chutes de feuillages et deux grosses compositions qui seront prêtes pour le lendemain. Ce jeudi là, la déco n'avait pas besoin d'être énorme, vu qu'on peut très bien imaginer que les fleurs ont commencé à être enlevées. Mais le lendemain, c'est le vendredi 28, où on tourne le grand mariage final. Je croise les doigts pour que les fleurs soient à la hauteur. La journée se termine, on est crevé (levé à 6h, arrivée à 7h sur le plateau et fin de tournage vers 18h). Parce que la merde de cette journée, en plus des fleurs, c'est qu'on apprend qu'un groupe de jeunesse catholique squatte l'église en même temps que nous: ils vont et viennent, chantent, hurlent... On leur explique que quand on tourne, il nous faut un silence absolu car notre micro est ultra sensible. On a bien compris qu'on les emmerdait, mais ils ont fait de leur mieux je crois. a cohbitation a été acceptable. Mais c'était vraiment relou d'autant plus que.... Vous allez voir.


Robin, chef op du film, agenouillé sur notre "travelling" (une chaise roulante), poussé par Sylvain (assistant image) à St Pierre des Chartreux


Vendredi 28
La pression est énorme. J'ai le trac. On attend des dizaines de figurants et c'est une très très grosse journée de tournage. L'église étant fermée à clé la nuit, on a laissé le matos en place. Sauf que je vous ai dit qu'il y avait cette jeunesse catholique! On s'était arrangé avec eux pour qu'ils ferment bien à clé dès 21h. Or, ce matin là, impossible de mettre la main sur le clap. Disparu, introuvable. Et oui, on nous l'a volé! Le responsable du groupe catho. nous dit qu'ils ont surpris des jeunes inconnus en train de voler nos affaires et qu'il les a vu à temps pour les empêcher de voler notre pied sony. Vérité? Mensonge? On ne le saura jamais. Du coup, le remboursement de ce clap représente des frais supplémentaires et on avait pas besoin de ça...
9h, figurants et comédiens arrivent. Je m'étais vraiment bougé le cul pour avoir le plus de figurants possible, mais il y avait très, trop peu d'inscrits (les gens travaillent le vendredi!) et si on en avait trop peu, c'était la merde pour un "grand mariage final". Les compos de fleurs arrivent, ouf ça le fait grave, je suis contente. Les filles gèrent trop bien la décoration florale. Puis les figurants arrivent... Contre toute attente, on en a quand même eu 39 le matin et 34 l'après-midi! Quand on est réalisateur, il faut toujours trouver des solutions et s'adapter. Alors c'est ce qu'on a fait. On a revu le découpage technique, serré les plans et pour les travellings sur les figurants, et bien on les a tous mis du même côté de la nef par exemple! J'ai eu la chance que la Maison Rey (chapellerie de Caussade qui a jadis créé des chapeaux pour Quatre Mariages et Un Enterrement!!!!) nous prête une 40e de chapeaux magnifiques (entre 70 et 150€ pièce!), très "grande bourgeoisie anglaise". Les figurants sont tous plus classes les uns que les autres, ils/elles semblent ravis d'être là. C'est parce que ce n'est que le début de la journée! Super ambiance mais personnellement, je trouve avoir très mal géré l'organisation de cette journée. Les comédiens et figurants sont arrivés trop tard. Il faut les habiller, les maquiller pour certains, Fatima met 1h à maquiller et coiffer la mariée (Marianne P.), du coup les filles de la déco sont envoyées au maquillage de figurants. J'ai affreusement honte, Franck D. (1er rôle) est là depuis 9h le matin et ne tournera qu'à partir de 16h l'après-midi. Il n'avait pas besoin d'être là aussi tôt. J'en prend de la graine et je me répand en excuses...
Les figurants sont excellents, ils jouent très bien et suivent mes directions à merveille. On se croirait vraiment dans Quatre Mariages et Un Enterrement, tout le monde est ravi du boulot fourni, mais la fatigue monte et la fin de la journée est pénible. Vers 19h, on commence à tout démonter et à tout nettoyer car à 21h on doit être à Lavaur avec le camion et le matos pour le tournage du lendemain matin. Or, nouvelle merde. Vu que notre camion Super U était "cassé", on a réussi à en avoir un par l'assistance Fiat, chez Ucar. C'était une location de 48h, le temps qu'on nous répare le notre. Or, après cette journée éprouvante, on apprend qu'on doit rendre notre camion Ucar (c'était prévu) mais que notre camion Super U n'est toujours pas réparé! Quelle merde! On est coincé à Toulouse avec deux tonnes de matériels et sans camion. La solution: avec pas moins de 5 voitures, on met le max de matos dedans et on file sur Lavaur chez mes Parents dans le Tarn, où tout le monde sera nourri et hébergé durant le reste du tournage. Le reste du matériel (les pieds de deux mètres, les HMI, diffuseurs etc.) restent à Saint Pierre des Chartreux. Steph et Laure dormiront une nuit de plus sur Toulouse et chercheront un autre camion le lendemain matin. Dieu merci, ce plan a marché et on nous a rien volé cette nuit là.
Vers 22h, on arrive tous aux Combelles où d'excellentes spaghettis bolognaises nous attendent. On retrouve notre bonne humeur et les blagues coulent à flot. Demain est un jour nouveau et en plus qui promet d'être très drôle!

Samedi 29
Et oui, ce jour est consacré au tournage d'un remake du film Brokeback Mountain. Au menu du jour, Gaétan et Franck (les comédiens), un troupeau de moutons et deux chevaux, dans un décor de campagne à 2km des Combelles (le lieu dit où on est hébergé chez mes parents). Ca promet d'être très sympathique à tourner, mais aussi très galère si les moutons font des leurs.
A 9h30 on arrive (il fallait que tout le monde se repose un peu), on s'installe, Sylvain monte la grue, je vais voir Monsieur Pradeille (un éleveur bourru de brebis) et la famille Pinel arrive avec ses deux magnifiques chevaux (centre d'équitation le Aras de la Colline).

Et bien, là encore contre toute attente, j'ai obtenu exactement ce que j'attendais! Après avoir couru 20 minutes derrière les brebis pour qu'elles passent devant la caméra au bon moment, Mr Pradeille est arrivé et en deux temps trois mouvements, elles ont exécuté la mise en scène parfaite. On était aux anges, on pensait tous que les brebis allaient être une galère pas possible, or, ça s'est fait très vite! Franck et Gaétan n'étaient jamais monté à cheval alors Jérôme Pinel les a pris en main pour leur montrer les bases de l'équitation. Les costumes de cow-boys qu'on avait choisi une semaine auparavant chez Sophie Costumes ont été salis à souhait, Fatima a fait un super boulot (comme d'habitude) de maquillage pour les bronzer et leur donner un aspect de peau tannée par le soleil, la poussière, la sueur et... Ben putain, je suis fière d'annoncer que nos plans font très western spaghetti! Et surtout le plan en grue lorsque les deux mecs s'éloignent à cheval dans la campagne, ça fait très fin de film, c'est super!

Résultat, on a finit à 14h le tournage et on a eu notre après-midi de libre pour jeux collectifs, repos et matage de rushs avec vidéo-projecteur.

Dimanche 30
On tourne une séquence d'embouteillages à Lavaur. Je m'étais bougée des mois auparavant pour avoir une rue bloquée. La MJC de cette même rue (Peyras) devait nous fournir l'électricité. On arrive à 8h, on installe les voitures, et là, on découvre que la prise qui sort de la porte fermée à clé de la MJC, ne marche pas! Heureusement qu'un élu de la mairie était là et on a pu trouver une solution. Soazig met la régie en place, Robin et Laure installent les éclairages, un mec qui a une compagnie de Taxi sur Lavaur m'amène un panneau « TAXI » qu'on "aimante" sur le capot de la vieille Renaud 21, Franck arrive, il passe au maquillage, je choisis quelques membres du staff technique pour figurer dans l'embouteillage, Tamara, une amie, arrive de Toulouse pour nous aider (elle sera en charge de filmer le tournage pour le Making of) et.... Sophie (comédienne) n'est toujours pas là. Elle doit jouer le chauffeur de taxi type lesbienne de la mafia russe, cheveux gominés en arrière et clope au bec. Je l'appelle, pas de réponse. Je réessaye. Elle répond. Il est 9h, et elle était sous la douche. Silence. Elle avait oublié qu'elle tournait le matin, elle pensait que c'était l'après-midi. Moment de panique. Elle est morte de honte. Je reste calme, mais tout de même un peu irritée. C'est bon, elle arrivera dans ¼ d'heure. Finalement, tout s'est bien passé. Sauf que ce jour là, le samedi « coolos » aidant, on est un peu arrivé les mains dans les poches: la régie a oublié d'amener des chaises, les cafetières, du coup on fait pas mal d'aller retour. La plus grosse mauvaise nouvelle, c'est que le gilet noir et la cravate de Sophie ont disparu. Elle les avait porté le vendredi 28 à l'église. On pense qu'un figurant les a tiré par inadvertance ou pas. Bref, c'est la panique, on a ½ heure pour trouver un gilet et une cravate noire. On finit par y arriver. Mais c'est une bonne leçon pour tous: il fallait mieux préparer!

Malgré des emmerdes avec le soleil qui nous a obligé de changer de cadre plusieurs fois, la séquence taxi est pas mal. L'après-midi, c'est direction parvis de la cathédrale Saint Alain de Lavaur, où on doit tourner une bagarre entre Franck (Martin) et Gérome (Adrien). Là, c'est la consécration. Après plusieurs répèts et quelques speachs sur ce que je cherche, on établit une chorégrapghie de bagarre hilarante où les deux, en costards (ça fait très: Quand l'anglais rencontre l'italien...) se battent comme des gosses, ridicules! Les comédiens s'éclatent, nous aussi, et l'image est toujours aussi belle. La journée se termine en beauté. Le samedi, avec les moutons, j'ai chopé un énorme coup de soleil sur le nez et le visage. J'ai très mal, et en plus j'ai une tête de clown, perdant toute crédibilité. Bah, c'est pas grave...

Dans l'équipe, malgré la fatigue et les merdes qui nous tombent dessus, je sens que tout le monde (comédiens pros compris) croit au film et pense que ça va vraiment donner. C'est vrai que les situations sont très très drôles, soutenues par un jeu à la hauteur de toutes mes espérances! J'essaie de garder la tête froide, même si je n'hésite pas à leur dire qu'on fait du très bon boulot et que, malgré le manque de professionnalisme (la plupart n'avaient jamais mis les pieds sur un tournage!), on est plein d'ardeur et d'efficacité. Je suis de plus en plus surprise par la qualité esthétique des images. Et niveau son, Johan gère très bien la captation sonore. Tout le mone assure dans son domaine!

Lundi 31
Toujours à Lavaur. Journée cool. Courses dans les ruelles de Lavaur, point de vu d'un fenêtre de la médiathèque de Lavaur sur la Cathédrale Saint Alain (magnifique, rien que pour ce plan, on mérite des subventions: on leur fait une méga pub pour leur patrimoine culturel!), toujours un très très beau temps. Quand j'y pense, on doit être cocus: il a plus avant et après le tournage! C'est fou le bol qu'on a eu...
L'équipe devient de plus en plus efficace et complice. J'essaie de mettre un point d'honneur à ce que personne ne s'ennuie (surtout les comédiens) et que tout le monde soit bien. J'adore ma place devant le moniteur, casque sur les oreilles, concentrée sur chaque image. J'aime ça et je veux vraiment en faire mon métier. La direction d'acteur, c'est mon truc et le fait de voir mettre en image quelque chose qui sort tout droit de mon imagination, c'est assez incroyable. L'après-midi, on tourne la rencontre avec la belle blonde et le gay (comprendra qui voudra). Il y a des chutes, alors on a amené un immense matelas et un ventilateur des années 80 pour un effet très "pub" sur Irina (la blonde), cheveux aux vents. C'était bien organisé et même si ces séquences sont peut-être moins pimentées à vivre que les brebis, c'est très chouette.

Mardi 1er
Voici le jour que je redoute. Parce que je joue dedans. Quelle erreur! J'aurais donné très cher pour trouver une actrice ce jour là qui puisse jouer la scénariste à ma place! J'adore jouer, mais sur ce tournage, je ne suis pas comédienne. J'ai vraiment regretté ce choix car du coup, je n'ai pas pu bien diriger les comédiens, voir les cadres... Et puis en plus on devait à la base tourner dans un train. Vu l'impossibilité d'avoir une autorisation de la SNCF (ça a duré 1 an!), j'ai changé le scénario et on a tourné dans un restaurant, choix de dernière minute ou presque. Mauvais repérages de ma part: restaurant trop petit, en activité (vas et viens des serveurs, bruits...). D'ailleurs, voici l'extrait d'un mail que j'ai envoyé à un comédien. Vous comprendrez peut-être mieux:

«
Et bien figure toi qu'hier fut une des pires journées de ma vie (d'accord, j'exagère un peu); X. est arrivée en retard du coup on a été très très à la bourre; Y., arrivé un peu les mains dans les poches, critiquait beaucoup et n'écoutait pas vraiment mes directions; mes deux comédiens ne connaissaient pas leur texte; le restaurant était trop petit avec des vas et viens permanents; marteau piqueur et scie électriques juste en face; moi-même étant face à la caméra (Qelle erreur!! Plus jamais!!); mauvais repérages de ma part dans le restaurant: je n'avais pas entendu le ronflement du congélateur à 50 cm des acteurs; séquences plus que difficiles à tourner que je n'avais pas assez préparé.

Belle journée quoi! Mais au final, malgré l'ambiance sonore désastreuse, je pense pouvoir faire quelque chose de ça au montage, si on découpe bien. J'espère en tout cas!

J'ai eu des gros doutes sur les séquences des scénaristes du coup, mais impossible à couper, c'est l'âme même du film! Ces premiers jours de tournage avec toi, c'était tellement drôle... Et là, point de drôlerie et un jeu pas très juste. Les scénaristes ne sont pas drôles en eux-même, mais comme me l'ont rappelé Bru et Tam, c'est la situation qui est drôle: celle de voir le film sortir tout droit de leur imagination. On verra bien... Je regrette de ne pas avoir donné à Y. une ligne directrice dramatique. Par exemple: il doit rendre un scénario demain matin à son producteur sinon il est au chomage. Ca aurait donné de l'étoffe au jeu et du poids à la situation. On apprend tout les jours...
»
 

Comme me l'a rapellé mon correspondant, s'il le faut, les scénaristes sont une des séquences les plus « faciles » à retourner. Mais je crois que j'étais très fatiguée et certes un peu déçue, du coup j'ai dramatisé. Je pense que c'était pas si mal que ça. On verra bien!

Ce mardi là fut le dernier jour de tournage avant une pause de quelques jours. Effectivement, nous avions encore une séquence de mariage à tourner à la Cathédrale Saint Alain de Lavaur le Samedi 5 Septembre.

Samedi 5
On a tous prié très fort pour qu'il n'y ait pas de morts sur Lavaur quelques jours avant ce samedi. Sinon les obsèques auraient fait annuler le tournage et là c'était la catastrophe. Le destin nous a écouté, et point de défuntes personnes! Le vendredi soir, nous avons déchargé le matériel dans la cathédrale pour gagner du temps le lendemain. Une très grosse journée nous attendait, et on a pas voulu être pris de court comme le vendredi 28 à Toulouse. Katia avait 45 figurants inscrits sûrs, du coup on en attendait 70 ou 80.

Le samedi matin, arrivée à 7h sur les yeux et organisation des costumes et du maquillage avant l'arrivée des figurants. On était super prêt, j'étais très fière de mon équipe car, non seulement c'était super bien organisé niveau sécurité notamment, mais Robin (en l'absence de Laure partie en tournée au Luxembourg) avec Johan et Sylvain, ont encore fait des merveilles d'éclairages dans cette cathédrale plus que sombre. La fleuriste est arrivée: on lui avait parlé du problème à Saint Pierre des Chartreux; qu'il fallait accentuer la quantité plutôt que la qualité. Super motivée, Béatrice s'est ramenée avec de supers bouquets, c'était génial.

Or, parmi les bonnes merdes du jour – j'ai été très déçue des Vauéens – on a eu... 22 figurants. Un gros bide! J'ai rien compris. Soit ils nous ont pris pour des ados qui font un film de vacances, soit ils ont roupillé le samedi matin, soit ils ont eu un empêchement. Mais avoir un 10ième des figurants qu'on devait avoir, ça fait très mal. Du coup, j'ai cherché une solution. Et c'était la bonne, puisqu'elle va beaucoup apporter au film je pense! Mais quand même, on a eu dex articles dans la Dépêche locale, j'ai affiché des annonces partout et même eu un interview à la Radio! 22 figurants...

Dans l'histoire, Martin (le marié) arrive en retard à son mariage. Très en retard, parce que dans sa course effrénée, il ne lui arrive que des merdes. Et notamment, l'acte incrédible de se planter d'église. Donc plutôt que d'avoir 10 000 figurants (ce qui était prévu au départ), on l'a joué comme si la plupart étaient déjà partis, de colère. Donc quand il arrive, il y a des chaises vides entre les figurans et certains sont en train de se lever pour partir. Ce « vide » donnera encore plus de poids au mariage final de St Pierre des Chartreux!

Finalement, ce fut une excellente fin de journée à St Alain, où on a encore beaucoup rit, fait des supers plans grâce à la grue, et eu de très sympathiques figurants. L'image était belle, et le son niquel malgré la fête foraine à 100m de la cathédrale (une autre merde que j'avais oublié de citer).

C'était assez émouvant de faire le dernier plan, mais également très joyeux de se dire « on a réussi!!! ». Comme vous l'aurez remarqué, le tournage s'est plus que bien passé, et j'espère que le montage saura mettre en valeur les plans que nous avons tourné. Ca va être une étape difficile, car il va falloir choisir, et quand on a d'excellents comédiens et de très beaux plans, c'est pas facile du tout!!!

Voilà, le lundi 7 avec mon père on a fait le tour de Toulouse en passant par l'Ariège (parce que je suis une co-pilote archi nulle) pour rendre le matériel et... C'était la fin.

Ce film m'a donné des ailes et m'a démontré à quel point je veux faire ce métier. Je ne regrette rien de l'année passée à organiser tout ça, d'avoir choisit par exemple Emilie qui n'avait jamais été scripte de sa vie, et qui s'est découvert une seconde vocation, j'ai été super bien entourée de pros bénévoles et d'amateurs passionnés qui croient dans ce projet et qui, je l'espère, y auront pris leur pied en s'épanouissant et en s'enrichissant de cette belle expérience éreintante.

On a évidemment complètement explosé notre budget de 1300€, du coup, en attendant d'autres subventions, je vais investir moi-même dans ce film.

Merci à tous et à très bientôt pour le résultat final.

Ps:
Plus de photos très bientôt, que n'avais que celles-là qui sont loin d'être les plus intéressantes!

 
LOLA RENNT de Tom Tykwer

LOLA RENNT
(Cours Lola, cours)

Ce film allemand datant de 1999 et réalisé par Tom Tykwer a obtenu en Allemagne un succès énorme lors de sa sortie. Il reste bien méconnu des français, alors je ne résiste pas à l'envie de vous le faire découvrir!

Manni est un petit malfrat qui accepte de se mouiller pour un gros coup : en revendant des diamants volés, il obtient cent mille marks, qu'il doit remettre à midi à un trafiquant. Mais il perd le sac contenant l'argent dans le métro berlinois.
En dernier recours, il appelle sa copine, Lola, vingt ans, les cheveux rouges, fragile mais déterminée. Manni lui résume la situation. Il est onze heures quarante. Si dans vingt minutes, Manni ne récupère pas l'argent, c'est un homme mort. Désespérée, la jeune femme s'élance dans la capitale. Elle a vingt minutes pour trouver cent mille marks, rejoindre Manni et ainsi sauver l'homme de sa vie...

Toute l'originalité de ce film découle de son système narratif haletant et efficace. En effet, le spectateur va suivre le déroulement de trois différents scénarios de vingt minutes chacun.
Il s'agit d'un long-métrage novateur, tant par son originalité que par sa bande son superbement électro, ses personnages hauts en couleurs et son style "fashion" aux couleurs vives et au rythme à deux cent à l'heure. A ne pas manquer!

A noter l'excellent casting, avec Franka Potente (vous avez pu la voir en petite amie de Matt Damon dans La Mémoire dans la Peau), Moritz Bleibtreu ou encore Herbert Knaup.

C'est un très agréable divertissement, qui peut certes passer pour un "produit de mode" mais où chaque geste aura sa conséquence selon les scénarios, pour notre plus grand bonheur! Le tout dans une narration au rythme effrené et efficace où le temps passe plus vite que tout.

Une chose reste sûre: les allemands savent faire!

Pour l'anecdote: le film a eu un tel succès en Allemagne, que des centaines d'adolescentes ont  copié la coiffure rouge pétard de l'héroïne du film...

Quelques critiques de presse pour et contre:

Le Parisien: "Voilà enfin du nouveau cinéma qui digère l'air du temps sans donner la nausée. Qui met du baume au coeur et le sourire aux lèvres!" (A.M.)

Le Monde: "Tom Tykwer multiplie les figures de style, travaille la narration (...) et le rythme avec un brio incontestable (...). A la sortie d'une école de cinéma, on lui accorderait sans hésiter son diplôme, en l'incitant à faire désormais un film." (Jean-Michel Frodon)

Chronic'art.com: "Certes, Tykwer a des idées (...). Mais son traitement formel confond inventivité et bric-à-brac tape à l'oeil, cherchant à épater le jeune branchouille ou le spectateur lambda avide de sensations fortes." (Yann Gonzalez)

Et comme diraient les Nuls:
BON FLIM!!!

 
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